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Etude d'imprégnation environnementale des populations de Fos-sur-Mer

Les Résultats

Dans leur grande majorité, les résultats d’INDEX sont conformes à ce que l’on trouve dans les études de bio-imprégnation de façon générale. Les habitants de Fos-sur-Mer ne sont pas globalement plus imprégnés que ceux de la zone témoin, sauf pour trois polluants spécifiques, typiques des émissions industrielles.

Pris polluant par polluant, les résultats ne montrent pas de dépassements des seuils réglementaires, n’induisant donc pas de risques directs en matière sanitaire. En revanche l’étude a permis de dessiner des groupes de personnes ayant un ou plusieurs facteurs d’exposition spécifiques. Ainsi, INDEX montre qu’il existe certaines activités qui augmentent les risques d’exposition à des polluants. Toutes ces pratiques ont trait à l’usage d’un environnement lui-même sur-impacté par la présence de la zone industrielle, comme l’ont montré plusieurs études de l’IECP sur l’air, les sols, le milieu marin ou les végétaux cultivés. INDEX porte sur l’aspect chimique des polluants. Bien que les teneurs restent en dessous des seuils, la diversité des polluants présents pose toutefois la question de l’effet cocktail (effet sanitaire d’un cumul de polluants à petites doses), encore mal connu par la recherche. Reste à étudier les conséquences de l’exposition physique due à la pollution aux particules ultrafines, auxquelles les populations riveraines de la zone sont surexposées et qui ne peut se doser dans l’organisme. La suite d’INDEX sera donc dédiée aux études dites épidémiologiques, focalisant sur des pathologies spécifiques.

Les facteurs de variation et de confusion (sans lien avec la pollution atmosphérique)

Les facteurs physiologiques

Les facteurs physiologiques sont ceux qui influent le plus sur les imprégnations en polluants :

  • L’âge : certains polluants s’accumulent tout au long de la vie, il est donc normal que les plus âgés soient les plus imprégnés.
  • Le sexe : il y a des différences entre les hommes et les femmes, comme les carences en fer, plus fréquentes chez les femmes et qui perturbent le stockage des métaux par l’organisme.
  • La corpulence : certains polluants, comme les dioxines ou les PCB, sont stockés dans les graisses.
  • D’autres facteurs jouent également comme la grossesse et/ou l’allaitement, la fonction rénale…
  • Les résultats de l’étude INDEX concordent avec toutes les autres études de ce type.





















Les facteurs alimentaires

La principale voie d’exposition aux polluants est souvent l’alimentation, sachant que la plupart des aliments consommés quotidiennement contiennent des polluants quelle que soit leur provenance. Par exemple, dans toute la France on retrouve des dioxines chez les consommateurs de gibier, des PCB pour les produits de la mer ou encore du nickel pour les légumes…

Les facteurs d’activités

Comme pour les facteurs alimentaires, il est prouvé que certaines activités entraînent une surexposition à certains polluants, quelle que soit la zone d’étude : le temps passé en voiture augmente l’imprégnation en Vanadium, l’utilisation de peintures celle en cobalt, l’usage d’anti-moustiques et de pesticides en général surexposent aux hydrocarbures, aux dioxines et furanes, aux métaux…

Les limites de l'étude

  • Certains polluants analysés sont éliminés de l’organisme en quelques heures (benzène et HAP), les prélèvements de sang et d’urines ayant été réalisés en tout début de matinée, ces polluants peuvent ne pas avoir été détectés pour des raisons purement mécaniques. Il est donc difficile formuler des conclusions nettes, ce sont pourtant des polluants retrouvés dans de nombreuses études environnementales locales en quantité notables dans l’air, les sols…
  • Certains polluants ne sont pas ou peu détectés (benzo[a]pyrène, chrome, arsenic inorganique, mercure, antimoine) par les méthodes analytiques actuelles et rendent de fait les modèles statistiques moins précis.
  • L’effectif de 138 personnes ne permet pas de mettre en évidence de faibles différences entre les deux zones.
  • Il n’existe pas de valeurs de référence récentes puisque la dernière étude nationale date de 2006-2007. Depuis, les émissions de certains polluants ont évolué de façon importante en raison d’un durcissement de certaines réglementations. Il va donc falloir attendre les résultats de l’étude ESTEBAN, étude de bio-imprégnation nationale, pour pouvoir comparer les résultats d’INDEX avec ceux de la population générale.